Bonjour à tous !

Ce blog m'a permis de partager avec vous mes découvertes, impressions et images, tout au long des neuf mois que j'ai passés en Chine en 2007. Je suis maintenant de retour à Montréal mais il me reste plusieurs épisodes de mon voyage à vous raconter. Je vais donc continer à alimenter ce blog avec mes aventures en Chine...

mardi 7 août 2007

Best of Chinglish

Au hasard de mes pérégrinations, je suis tombée sur toutes sortes de traductions du chinois vers l'anglais...
Voici quelques images des meilleurs spécimen :

Des orthographes parfois approximatives...





des traductions parfois poétiques...

parfois carrément loufoques !






parfois simplement décalées en raison de la différence culturelle:


et pour finir, le best of de la traduction, en français, cette fois !

samedi 4 août 2007

L'île de Putuoshan ou le paradis bouddhiste

Il y a deux semaines, poussée par une irrépressible envie de soleil et de ciel bleu, je partais pour l’île de Putuoshan. Il ne faut pas croire qu’il ne fasse pas beau à Shanghai. Au contraire : chaleur accablante (on tourne autour des 40 degrés depuis quelques semaines), impression d’entrée dans le sillage d’un sèche-cheveux géant dès que l’on sort d’un lieu climatisé, taux d’humidité ressenti : 358% (ce n’est pas ce qu’ils annoncent aux nouvelles, mais pourtant, on dégoutte après 1 minute de marche à allure tout-ce-qu’il-y-a-de-plus-normale. Vous trouvez ça normal ?) En tout cas, malgré cette température indéniablement estivale, la dernière fois que j’avais vu le soleil remontait à ma dernière escapade hors de Shanghai et mon corps tout entier réclamait de l’air pur. N’écoutant que mes signes vitaux, je décidai donc de prendre le large.

12 heures de bateau de nuit, précédées de 2h30 de bus-métro-taxi pour se rendre au port de Shanghai : l’aventure commençait !

De l'extérieur, le bateau a l’air pas pire. On fait le tour une première fois à la recherche de sa cabine. On se dit qu’on ne doit pas être aux étages supérieurs, réservés aux couchettes de luxe. On avait raison : on est assignée à la cale.

Tarifs de back-packers : dortoirs de douze couchettes au sous-sol, proches du moteur. La nuit ne sera finalement pas si pénible. Les autres voyageurs de ma condition (un groupe de Chinois travaillant dans la construction sur une autre île proche de Putuoshan et une Maman chinoise et sa fille) n’auront pas été trop bruyants et la mer aura été calme… Ouf !

L’été, les Chinois ont l’habitude de retirer les draps des lits et de dormir à même une paillasse. En partageant mon étonnement avec des autochtones amis, j’appris que la raison en est une de température. Les paillasses étant faites de fines tiges de bambous, l’air peut circuler à travers, ce qui rend la literie moins chaude que les draps de tissu. Soit. Mais comment font-ils pour laver leur « literie d’été »? Et bien, ils ne lavent pas. Finalement, c’est beaucoup plus simple comme ça et ça fait des frais en moins pour les aubergistes. Même les oreillers sont faits en paillasse et pas de taie, bien sûr. Et pour l’hygiène de la voyageuse ?… On se débrouille. On s’enroule dans l’immense tissu qui nous est remis en guise de serviette (mais dont la matière ressemble davantage à celle d’un couvre-lit du siècle passé) et qui, de toute façon, n’essuie rien (ce qui ne constitue finalement qu’un désagrément apparent, étant donné qu’avec la chaleur ambiante, on sera à nouveau trempée une minute après être sortie de la douche).

L’île de Putuoshan

C'est une petite île de douze kilomètres carrés située au sud-est de Shanghai, dans la mer de Chine. Sa montagne est l’une des quatre montagnes sacrées de Chine (C’est ce qu’ils disent dans les guides, mais j’ai l’impression que toutes les montagnes sont « sacrées », ici). Cette île bouddhiste est entièrement consacrée à la déesse Guanyin, « goddess of mercy », censée protéger pêcheurs et insulaires. Sa statue dorée de 33 m de haut est d’ailleurs visible de partout sur l’île et c’est aussi elle que l’on reconnaît du bateau, à l’approche de la terre ferme.


Paysages de l'île




Activités sur l’île : des temples bouddhistes, des plages, des temples bouddhistes, des temples bouddhistes, des temples bouddhistes, des plages. Dans les guides, ils parlent aussi de caves. Mais n’y allez pas pour ça. Des caves, il n’y en a pas. Ils le reconnaissent d’ailleurs sur le panneau descriptif à l’entrée d'un site : «Ce site porte le nom de cave, mais en réalité, ce n’est pas une cave. » En réalité, ce n’est rien de spécial : un mini-temple, un pavillon, un tas de pierres… Bref, rien qui valait cette escalade d’une heure dans la montagne par une chaleur à cuire les sauterelles. Ils ne pouvaient pas le dire avant, que ce n’était pas une cave ? Ben non, ils ne pouvaient pas. Comme ils ne peuvent pas indiquer, quand le chemin se divise en deux, lequel suivre pour se rendre au site recherché. Sinon, les touristes se rendraient directement et sans encombre au point visé. Ils ne peuvent pas, non. Si tout était simple et clairement indiqué, ce ne serait plus vraiment la Chine.


En voilà, une cave, j'en ai quand même trouvé une !
Caché sur la gauche, un moine (bouddhiste, évidemment), est en train de prier. Ils sont environ 1000 moines à vivre à Putuoshan, sur les 3000 habitants de l'île.



Je vous ai dit qu’il y avait des temples bouddhistes ? Alors ils sont bien sûr dédiés à Guanyin. Mais ils se ressemblent tous. Comme ils ressemblent d’ailleurs aux autres temples bouddhistes. Je pense qu’il arrive un moment, dans l’expérience de tout voyageur en Chine, où l’on atteint un point de saturation avec les temples et l’on devient alors incapable d’en voir un seul de plus. Ce même phénomène arrive aussi au touriste qui visite les églises de France ou les châteaux de la Loire. Et bien, c’est à Putuoshan que j’ai atteint ce point critique. Le goût de découvrir d’autres temples me reviendra sans doute un jour, mais en attendant, un break s’impose. J’ai donc sacrifié quelques heures de visites à des heures de baignades. Et ce, sans le moindre regret, malgré ma rencontre fortuite avec un animal marin que je n’avais encore jamais de ma vie côtoyé de ci proche (si ce n’est dans mon assiette, à Shanghai, lors d’un souper initiatique que j’avais d’ailleurs moyennement apprécié). L’animal marin en question, à l’apparence gélatineuse, s’était révélé sous la dent tout cartilagineux : un total désarroi gustatif. Et de son vivant : un total choc électrique. Vous l’aurez compris, il s’agit d’une méduse ! Je ne l'ai jamais vue, celle-là, mais je l'ai bien sentie ! Alors que je nageais au loin, seule dans mon coin d’océan, j’ai été comme électrocutée dans tout le bras gauche. Sur le coup, je ne voulais pas arrêter ma baignade pour si peu, mais la douleur augmentant, je suis sortie de l'eau, en état de choc. C'était il y a plus de dix jours et aujourd'hui, j'ai encore le bras comme lacéré du poignet à l'épaule. L'effet de brûlure s'est atténué en trois jours mais les marques (comme des coups de fouets) sont encore très visibles. J’ai lu que dans certains cas, elles pouvaient rester à vie ou réapparaître de façon rémanente, avec la chaleur par exemple. J'espère que ce ne sera pas mon cas car ça me donne l’air d’avoir poussé un peu trop loin les jeux sado-maso ou de scarification. Sur le coup, pourtant, j'ai juste eu la sensation d'avoir touché des algues flottantes, mais en fait, la bête a dû enrouler ses pattes tentaculaires autour de mon bras, pour me faire des marques pareilles! Il faut croire que décidément, après la tortue qui a fait éclater ma dent, j'ai un mauvais karma avec les animaux marins !!! Moi qui aime tellement la mer, c'est vraiment ingrat...

Les Chinois sont très superstitieux. Là, ils escaladent le monument pour pouvoir caresser l’espèce de tigre-dragon, ce qui exaucera leurs voeux les plus chers, sans aucun doute.

Deux fillettes avec qui j’ai passé un merveilleux moment. Elles m’ont dit leurs prénoms mais je serais incapable de les retranscrire. Quand elles m’ont vue, elles m’ont fait Hello, comme beaucoup d’enfants (et adultes d’ailleurs) tout fiers de connaître un mot d’anglais, mais quand je leur ai répondu, à l’inverse des autres qui rigolent ou courent se réfugier auprès de leurs parents, elles sont venues vers moi, toutes les deux, toutes curieuses et confiantes et on a échangé en chinois pendant une bonne demi-heure. Celle en bleu, incroyablement vive et intéressée, reprenait après moi toutes mes phrases en chinois comme pour m’enseigner à bien prononcer. Alors je répétais après elle. Elles riaient de mon accent. Je riais de leur curiosité. Nous nous sommes vraiment bien amusées.

Les Chinois à la plage

Ce serait dommage de s’endormir sur le sable. Il ne faudrait pas rater ça. C'est un véritable spectacle et c’était une première pour moi. D’abord, les Chinois sont tous des enfants. C’est vrai en ville, quand ils se chamaillent dans la rue, se courent après, que les femmes marchent en se tenant par la main et les hommes par le cou, etc. C’est encore plus vrai à la plage où ils courent dans les vagues, s’enterrent dans le sable, s’amusent à se faire couler, etc. Ensuite, ils portent presque tous des bouées. Les adultes d’aujourd’hui n’ont pas appris à nager à l’école. Et comme la plage est un loisir très récent, depuis l’instauration des congés payés il y a seulement quelques années, la baignade est une activité nouvelle pour la majorité des Chinois. Les maillots de bain, maintenant : Les hommes portent des sortes de short de collégiens en lycra et les femmes des maillots immenses, qui en cachent le plus possible. Aussi, les Chinois sont tous imberbes et donc absolument épatés par la pilosité des Laowai (étrangers). Le Québécois qui m'accompagnait (que j'appellerai ici L'homme-qui-court-moins-vite-que-son-chapeau) a donc été un sujet de curiosité fort prisé... Enfin, comme on sait que le Chinois est plus heureux dans la foule et le bruit que seul et au calme, il n’est pas surprenant de le voir, dans l’eau, patauger à quelques centimètres de ces congénères alors que rien de l'empêcherait d'aller plus loin. Je nageais moi-même à quelques dizaines de mètres de la marée humaine et j’étais seule dans mon coin d’océan…

lundi 16 avril 2007

Temple, piscine et élections présidentielles...

La journée, chaude, lourde et humide, est en train de s’achever dans un orage à tout casser. 20h dimanche soir : de gris clair (sa couleur habituelle), le ciel est passé à gris foncé en un instant, puis il a lâché d’un coup toute la pluie qui alourdissait l’air ambiant depuis quelques jours, atteignant son paroxysme aujourd’hui avec 30 degrés, un ciel très bas et un air incroyablement pesant… On est tout juste à la mi-avril. Je n’ose imaginer le climat au mois de juillet ! Les habitués disent que l’été, on passe d’un lieu climatisé à un autre, en prenant systématiquement le taxi (marcher dans la rue étant trop difficile).

Ça me rappelle mes premiers jours à Pékin. Je suis arrivée le 12 août 2005. Il faisait ce genre de température terriblement chaude et humide, quand marcher quinze minutes dans la rue relève de l’exploit athlétique. J’ai compris pourquoi les Chinois utilisent des éventails qui, contrairement aux chapeaux pointus des images d’Épinal de la Chine, sont encore largement répandus en ville. Je m’y suis d’ailleurs mise rapidement aussi (à l’éventail). Et c’était à Pékin, près de 1000 km plus au nord et déjà presque à la fin de l’été ! À Shanghai, ça va être l’enfer ! Enfin, d’ici là, je profite de la température relativement agréable (excepté aujourd’hui). Cette semaine, j’ai fait une entrevue dans un parc, une autre en terrasse. Ce sont les gens qui demandent à rester dehors, pour en profiter avant "qu’il ne soit trop tard" !

Dimanche dernier, jour de Pâques, j'ai fait une journée "visites de lieux de culte". Je suis allée voir la Cathédrale St-Ignatius dans le quartier de Xujiahui. Je suis arrivée à l’heure de la sortie de la messe et j’ai vu un car complet de Français qui sortaient de l’église ! Une église en briques rouges, avec un Jésus à l’extérieur, entourée des hauts buildings résidentiels et des gigantesques centres commerciaux du quartier.


Ce quartier est complètement « freakant ». C’est difficile à décrire tellement c’est fou. Quand on sort du métro (il y a 17 ou 18 sorties à cette station), on se retrouve aux portes des centres commerciaux géants (un peu comme si le carrefour de l’Acadie était entouré de centres Rockland de tous les côtés, sur des dizaines d’étages et sur toutes les rues environnantes, avec la densité de la foule du soir du grand spectacle extérieur du Festival de Jazz (ou les Galeries Lafayette puissance 10) : des essaims de gens qui courent dans tous les sens, qui nous sautent dessus pour nous vendre tout un tas de choses (fausses, évidemment) : sacs, montres, lunettes, DVD... En plus, en tant qu’étrangère, je suis particulièrement ciblée par les vendeurs des rues qui ne voient en moi qu’un gros signe de $. C’est un véritable parcours du combattant pour sortir de ce genre d’endroit. Même quand on dit Non, ils insistent, nous suivent, nous tirent par le bras, nous barrent la route. Je trouve ça très agressant et je déteste aller dans ce coin-là. Il y a plusieurs endroits comme ça à Shanghai. Quand on les connaît, on peut essayer de s’en sortir au plus vite, mais les premières fois, c’est vraiment éprouvant.


Dimanche dernier, donc, après l’église, et suivant les consignes de mon petit guide (papier) de Shanghai, je devais prendre un bus qui partait de cette station de métro pour rejoindre un temple bouddhiste que je voulais visiter. Le guide donne le numéro du bus à prendre mais ne précise pas le prendre : 17 sorties de métro, la foule sur tous les trottoirs environnants, des kilomètres de souterrains bondés… Il m’a fallu 2 heures pour trouver l’arrêt d’autobus recherché ! Il faut savoir rester zen…

La destination en valait la peine. Je suis arrivée à la Pagode et au Temple de Longhua, un temple bouddhiste magnifique, le plus ancien et le mieux conservé de Shanghai. Les couleurs ocre et pourpre des murs du temple sont superbes.



Chaque salle du temple renferme des trésors :

bouddhas géants

milles petits bouddhas (Luohan).

Et la ferveur des Chinois est vraiment impressionnante. Personnes âgées, jeunes et enfants font brûler de l’encens et se recueillent devant chacune des statues, avec tout un cérémonial : trois fois d’abord vers le nord, puis vers chacun des quatre points cardinaux. J'ai eu la chance d’assister à une petite cérémonie bouddhiste. Voici quelques photos.


Deux des quatre rois du ciel.

Bouddha Maitreya

Milefo, le Bouddha rieur, la représentation du futur Bouddha.

Sans commentaire...

La pagode, qui date de 977, servait essentiellement de bibliothèque pour les sutras bouddhistes.

Dans le parc du Mémorial des martyres de Longhua, quelques pas plus loin, des enfants s’adonnent au dessin et à la reprographie de la Pagode ou des monuments du Mémorial. Il faut voir le sérieux de ces enfants et la fierté des parents devant l’œuvre de leur progéniture.

Les petits Chinois sont des enfants surbookés. Ils ont des emplois du temps assez fous. On le dit depuis longtemps des enfants japonais, mais la spirale infernale de la compétition a désormais envahi la Chine. Dès leur plus jeune âge, les enfants dont les parents ont les moyens sont inscrits, en plus de l’école traditionnelle, à des cours d’anglais, de dessin, de musique, de sport. Il existe même un programme de MBA pour les enfants (à partir de 4 ou 5 ans, je crois), pour leur apprendre le leadership, la prise de décision, le travail d’équipe, à parler devant les autres, à mener un groupe… un MBA, quoi !

Les parents sont obsédés par la réussite de leur enfant (unique). Ils sacrifieraient tout pour que leur petit soit le meilleur, pour qu’il soit « successful ». C’est le mot qui revient systématiquement dans toutes les conversations que j’ai avec des Chinois ici (et de beaucoup d’étrangers qui sont aussi là expressément pour ça) : la réussite, le succès en affaires, l’argent… c’est le leitmotiv, la raison de vivre des Shanghaiens. L’urgence de faire de l’argent et de rattraper le temps où cela leur était interdit est vraiment palpable. Tout va vite. Les boutiques s’ouvrent et ferment leur porte en une journée. Les employés quittent leur employeur pour quelques dizaines de Renminbi supplémentaires par mois chez le concurrent. C’est la loi du marché et de la concurrence. La seule et unique loi qui vaille ici. Et ils le reconnaissent. La loyauté envers un employeur ? Pourquoi ? S’ils peuvent faire plus d’argent ailleurs...

Dans le lobby de mon hôtel, il y avait une petite boutique de souvenirs, sacs à main, valises. Elle existait jusqu’à vendredi, 17h. Quand je suis ressortie une heure plus tard, j’ai vu les valises et les meubles de la boutique entassés dans un camion. Peu avant 20h, les vitres de la boutique étaient abattues à la massue. En sortant demain, je découvrirai sans doute une nouvelle boutique, à moins qu’ils ne préparent carrément un nouveau concept… Ils ont déjà enlevé le salon du lobby où je venais me logger sur Internet en WiFi. L’étage est maintenant complètement vide. Tout est désormais possible…

Samedi dernier, le sénateur représentant les Français établis hors de France était de passage à Shanghai, dans le cadre de sa campagne présidentielle en faveur de la candidate socialiste. J’étais de la partie simplement parce que, parmi les fondateurs de la section du PS de Shanghai se trouve mon ancienne colloc à Pékin, ainsi que son copain et trois autres amis à eux. La section est toute jeune, fondée par des très jeunes (ils ont tous moins de 30 ans) et compte aujourd’hui une quinzaine de membres mais ils sont super actifs.

À une semaine du premier tour, l’ambiance ici commence à être fébrile. Je fais du lobbying auprès du vice-consul (avec qui on est sorti quelque fois) pour que le consulat organise qqch pour les résultats ! Sous prétexte qu’il sera 2h du matin ici au moment de l’annonce des résultats (20h en France), et que le personnel du consulat est crevé (avec la préparation des élections, justement), ils ne veulent rien organiser ! Il y a entre 8000 et 10000 Français à Shanghai. On ne va quand même pas regarder les résultats chacun chez soi devant son portable !!! Je n’en reviens pas… Pour les élections québécoises du 26 mars, j’avais aussi essayé de faire quelque chose auprès du consulat canadien, mais le consul m’avait répondu que pour 50 Québécois inscrits (et approximativement une centaine au total), ça ne valait pas la peine. Soit. Mais pour 10 000 Français !? Je ne perds pas espoir, à force de faire pression... Il suffit finalement de réserver une grande salle et d’avoir un portable, une connexion Internet et un grand écran. Il me semble que ce serait dans les cordes du consulat et dans ses devoirs, un peu, non ?


À part ça, cette semaine, j’ai expérimenté la piscine du grand stade de Shanghai. Et bien ça n’a pas été une expérience très concluante. D’abord, comme le complexe est immense (comme tout, ici), avec une quinzaine d’entrées (lui aussi), j’ai passé une heure à trouver l’entrée de la piscine une fois arrivée sur le site du stade… (Il est vrai que je n’ai pas un sens de l’orientation exemplaire, mais ce n’est pas la seule raison. D’abord, les cartes chinoises ne sont jamais à l’échelle, ce qui n’aide pas à se positionner correctement. Ensuite, sur place, c’est très mal indiqué. Et enfin, les sites sont tellement grands que si l'on n’a pas la chance d’arriver pile au bon endroit par hasard, il faut nécessairement un certain temps pour rejoindre la bonne place).

Bref, j’ai quand même fini par arriver dans la piscine. Comme c’était le milieu la journée, il y avait toute une classe d’enfants qui s’entraînaient dans le bassin à côté. Un groupe d’enfants dans une piscine, c’est toujours bruyant, mais un groupe d’enfants chinois… Au secours ! Je vous avais déjà parlé du bruit… Plus il y en a, plus ils aiment ça. Ils étaient si nombreux qu’en passant à côté, je n’ai pas vu la couleur de l’eau entre les bonnets de bain de toutes les couleurs, c’est dire s’ils étaient serrés et j’exagère à peine. En plus des enfants qui crient, les maîtres nageurs, le sifflet à la bouche, sifflent chaque geste qu’ils font et les font compter à tue-tête en même temps… Parce qu’ils font tous les mêmes mouvements en même temps, comme à l’armée.

Dans mon bassin, les adultes étaient moins nombreux et moins bruyants, mais complètement indisciplinés. Sur un bassin de 50 mètres, quatre couloirs, séparés virtuellement, sans bouées. Autrement dit, un grand bassin sans couloir où les nageurs vont dans tous les sens, essaient tant bien que mal de se contourner, entrent systématiquement en collisions quand ils nagent sur le dos, et ne nagent pas vite, en plus ! Ils nagent seulement la brasse ou le dos, mais pas le crawl. Comme je nageais plus vite que la plupart, j’ai commencé à faire comme eux et à me faufiler. Et voilà que je me suis fait engueuler par un Chinois, frustré, visiblement… En tout cas, se faire engueuler en chinois, c’est pas l’fun. Surtout que je ne me sentais pas vraiment en tort et que je lui aurais bien répondu ! Finalement, j’ai décidé de ne plus retourner à cette piscine. J’essaierai d’en trouver une autre, plus petite sans doute, mais j’espère moins achalandée.


Le pont Nanpu, à 5 minutes à pied de chez moi, et le fleuve Huangpu. Tard le soir, quand le bruit de la ville s’est un peu calmé, j’entends les cornes de brume (l'un des rares sons agréable à mes oreilles), qui me rappellent que Shanghai est une ville portuaire, ce qui essentiellement à l’origine de toute cette effervescence.